Démantèlement d’Atos : l’inexplicable silence de l’État (MEDIAPART)

COPYRIGHTS MEDIAPART – Il n’y a pas que la dissuasion nucléaire qui soit stratégique chez Atos. Nombre de services à la nation sont liés au groupe et risquent de filer dans l’opération de cession à Daniel Kretinsky, sans que l’État demande la moindre garantie sur leur avenir.

Martine Orange

27 septembre 2023 à 15h58


Le silence est assourdissant. Depuis le début du scandale Atos, l’exécutif se tait. Et ce manque de réaction ne cesse d’interroger au moment où le cas Atos tourne à la Bérézina. « L’absence de l’État dans ce dossier est incompréhensible », dit un connaisseur de l’affaire, résumant le sentiment général.

Alors qu’il a su se mobiliser pour défendre Danone, érigé en « cathédrale nationale » par son fondateur Antoine Riboud, ces dernières années, ou, plus récemment, bloquer la tentative d’OPA du groupe canadien Couche-Tard sur Carrefour, pourquoi n’intervient-il pas sur le dossier Atos ? Interrogé sur le sujet, le ministère des finances met en avant le fait qu’il n’est pas actionnaire d’Atos. Mais il n’était pas non plus actionnaire de Casino ou d’Orpea…

Ces dernières semaines, certains tentaient d’expliquer la passivité de l’État par la volonté de minimiser l’opération de cession d’une partie des activités du groupe à Daniel Kretinsky. Opération à laquelle Alexis Kohler, « le dealmaker de l’Élysée », selon l’expression du sénateur de Belfort Cédric Perrin (Les Républicains), a donné son feu vert. D’autres ajoutaient que mettre la lumière sur Atos risquait de faire remonter le passé et nuire à Thierry Breton, ancien président d’Atos.

« C’est le seul commissaire européen français. Et il fait plutôt du bon travail. Il est même en position de briguer la présidence de la prochaine Commission. L’Élysée ne veut pas l’embarrasser en faisant trop de bruit sur Atos, dont il a été le président », dit un observateur.

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Édouard Philippe, Alexis Kohler, Bruno Le Maire et Daniel Kretinsky. © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart avec AFP

Pour d’autres, la débâcle actuelle du groupe de services numériques est le fruit de « la superficialité » avec laquelle l’exécutif a considéré le dossier, de son absence de vision et de stratégie. « Ils n’ont pas vraiment étudié le sujet. Meunier [président d’Atos – ndlr] et Chertok [associé gérant de Rothschild, conseiller d’Atos – ndlr] ont vendu la solution de vente à Kretinsky à l’Élysée en expliquant que c’était la seule possible et qu’elle passerait sans problème. Comme l’exécutif n’avait pas d’autre candidat et que, pour lui, Atos est un dossier secondaire, Alexis Kohler [secrétaire général de l’Élysée – ndlr] a donné son feu vert. Et est passé à autre chose. Sans prendre en considération les aspects de souveraineté », raconte un autre connaisseur du dossier.

« On parle beaucoup de la dissuasion nucléaire. Mais il y a des services à la nation rendus par Atos qui relèvent aussi de la souveraineté nationale. Et de ceux-là, on ne parle jamais. »

Didier Moulin, responsable CGT Atos & Eviden 

La tribune du 2 août signée par 82 parlementaires LR relayant l’opposition des milieux militaires et du Commissariat à l’énergie atomique a créé un électrochoc au sein de l’exécutif : personne n’avait prévu une opposition si rapide et si musclée. Le pouvoir a soudain réalisé qu’Atos n’était pas qu’un simple groupe de services informatiques, qu’il y avait des enjeux de souveraineté, dont la dissuasion nucléaire, qui méritaient d’autres attentions et précautions. Et que cela ne pouvait pas seulement se faire en coulisses, en petit comité, « entre amis ».

L’accent mis sur la défense cependant ne couvre qu’une partie des problèmes soulevés par l’opération de cession d’une portion des actifs du groupe à Daniel Kretinsky, comme le relève Didier Moulin, un des responsables de la CGT Atos & Eviden. « On parle beaucoup de la dissuasion nucléaire, du pilotage des centrales nucléaires, des supercalculateurs. Mais il y a d’autres services à la nation rendus par Atos, qui sont liés à la souveraineté nationale. Et de ceux-là, on ne parle jamais », constate-t-il.

La liste qu’il dresse de ces services est impressionnante : ministères, impôts, papiers d’identité, Carte vitale, France Connect, caisse d’assurance-maladie, caisse nationale d’allocations familiales, réseau ferroviaire, réservation de la SNCF, compteurs Linky, collectivités locales… « Tous ces services publics sont gérés en tout ou partie par des logiciels Atos. Et une partie substantielle est logée dans Tech Foundations. Que vont-ils devenir une fois vendus à Daniel Kretinsky ? Quelles sont ses intentions à ce sujet ? On n’en sait rien. »

Daniel Kretinsky, comme l’a déjà écrit Mediapart, s’est engagé auprès du ministre des finances, Bruno Le Maire, sur les 7,5 % qu’il doit prendre dans la partie Eviden : s’il doit revendre sa participation, il la cédera à la personne que lui désignera l’État. En revanche, rien ne semble avoir été négocié sur l’avenir de Tech Foundations, concernant les relations que cette branche entretient avec les services de l’État, sur la protection des données personnelles des Français·es.

Jusqu’à présent, tous les protagonistes ont même veillé à nourrir un épais brouillard concernant ces aspects. Ces positions hors normes, quasi exclusives avec les services publics, ne sont d’ailleurs pas valorisées dans la cession envisagée avec Daniel Kretinsky.

Personne ne sait donc ce que vont devenir ces services, ce qu’il adviendra des données personnelles que les Français·es sont dans l’obligation de donner pour avoir accès aux différents systèmes administratifs, désormais dématérialisés. Ces données sont pourtant essentielles au fonctionnement de l’État. Et elles valent de l’or. Comment expliquer que le gouvernement, qui se targue d’être à la pointe de la révolution numérique, se montre aussi négligent sur le sort réservé à ce qui s’apparente au « système nerveux » de l’État ?

Le rôle d’Édouard Philippe

Dans les couloirs du pouvoir, on met en avant l’éloignement, la taille de l’entreprise, son caractère privé pour justifier l’attitude du gouvernement. Une excuse que réfute un connaisseur du dossier : « L’État sait tout », dit-il.

Entre Atos et le pouvoir, les relations ont été constantes : Thierry Breton, lorsqu’il était président du groupe, y a veillé. La possession d’actifs stratégiques, après la prise de contrôle de Bull, le justifiait en partie. Mais les relations ont continué à être très étroites après son départ. Nombre de conseillers du groupe ont leur entrée à l’Élysée, et Atos a veillé à nommer des administrateurs influents à son conseil.

Tout de suite après avoir quitté Matignon, Édouard Philippe est ainsi devenu administrateur en octobre 2020. « Atos a des compétences clés pour notre pays, au cœur des enjeux digitaux et d’indépendance technologique. Je suis très heureux de pouvoir apporter à l’entreprise et à son conseil d’administration mon expérience », déclare alors l’ancien premier ministre.

Averti des problèmes qui s’accumulaient dans le groupe, le ministre des finances Bruno Le Maire justifiait alors en petit comité sa passivité pour des raisons politiques : intervenir dans un dossier où Édouard Philippe siège au conseil aurait pu être perçu comme une « mauvaise manière » faite à l’ancien premier ministre, une « basse manœuvre politique ».

Édouard Philippe n’a pas souhaité persévérer et a abandonné son siège d’administrateur en juin 2023, à la fin de son mandat. « Sans éclat ni audace », juge sévèrement un actionnaire.

Beaucoup se perdent en conjectures pour comprendre quel a été son rôle durant toute cette période et quelles ont été les raisons de son départ. Est-il en opposition avec le plan de cession présenté par la direction du groupe ? Ou a-t-il anticipé les difficultés et préféré s’éloigner pour ne pas compromettre son avenir politique ?

Questionné sur ces sujets, Édouard Philippe ne nous a pas répondu.

Toujours soucieux d’avoir l’oreille du « château », Bertrand Meunier avait sollicité Cédric O pour le remplacer. Mais l’ancien secrétaire d’État au numérique, membre fondateur d’En Marche, a vu sa candidature d’administrateur refusée par la Haute Autorité à la transparence de vie publique (HATVP) : celle-ci a estimé que l’ancien membre du gouvernement se trouvait en situation de conflit d’intérêts, son ministère ayant alloué d’importants crédits à Atos pendant son mandat. Cédric O a fait appel. Mais le Conseil d’État a confirmé l’interdiction de la HATVP.

À défaut, la direction d’Atos s’est rabattue sur la candidature de Laurent Collet-Billon, ancien délégué général de l’armement, pour siéger à son conseil. « Mais ce n’est pas la même chose. Il n’a pas les mêmes entrées auprès de l’exécutif. Il ne représente qu’une partie de la défense », note un connaisseur du dossier. Le pouvoir semble en tout cas estimer qu’il n’a pas le poids suffisant puisque Alexis Kohler a décidé de reprendre le dossier afin de tenter d’éteindre l’incendie qui menace l’opération de cession. Cela suffira-t-il ?

Mais que fait l’État ?

Alors que le cours de Bourse d’Atos s’effondre et que la situation est en passe de devenir incontrôlable, beaucoup, y compris parmi les soutiens de Bertrand Meunier, s’agacent de l’apathie de l’exécutif. « Mais qu’attend le gouvernement ? Pourquoi n’a-t-il pas saisi le comité interministériel de restructuration industrielle, comme il l’a fait pour Casino ? » Questionné à ce sujet, le ministère des finances ne nous a pas répondu. Cette option serait maintenant sur la table, tant l’effondrement du groupe commence à inquiéter.

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La débâcle d’Atos tourne au scandale d’État. © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart

Pour un des partisans de Bertrand Meunier, un seul geste de l’État parviendrait à calmer la situation. Il déroule son scénario : « Il suffirait qu’il annonce l’entrée au capital de la Banque publique d’investissements (BPI) ou même un prêt participatif pour que tout se résolve. La présence de l’État rassurerait les actionnaires d’Atos ; l’augmentation de capital prévue se passerait sans problème et la cession de Tech Foundations pourrait être réalisée sans encombre. »

L’ennui est que ni la Caisse des dépôts ni la BPI ne veulent aller dans ce dossier. Bruno Le Maire a bien essayé de les convaincre d’intervenir, comme il l’a fait dans le dossier Orpea. Par deux fois, selon nos informations, il a demandé à la BPI de venir en soutien du groupe des services numériques. Il a essuyé à chaque fois un refus. « Nicolas Dufourcq [président de la BPI – ndlr] dit à tout le monde qu’il ne mettra pas un sou dans Atos », rapporte un banquier.

Le refus de Thales

La même sollicitation a été faite auprès de Thales. Mais là encore, le ministre des finances a reçu une fin de non-recevoir, même si beaucoup d’actionnaires spéculent malgré tout sur l’arrivée à plus ou moins brève échéance du groupe de défense dans Atos.

Le groupe dit cependant ne pas être intéressé, comme il l’a affirmé en réponse à nos questions : « Cela ne correspond pas à la stratégie du groupe, qui n’a aucune intention de se diversifier dans des marchés autres que ceux qu’il sert déjà. Thales tient à rappeler que sa stratégie d’acquisitions est très claire et constante. Le groupe se focalise sur le renforcement de ses trois grands secteurs d’activité : l’aérospatial, la défense, et la sécurité et l’identité numériques. »

Même BDS, la partie qui regroupe les activités stratégiques de défense, n’attire plus tant que cela Thales. Au cours de ces dernières années, le groupe s’est considérablement développé dans la cybersécurité. Il a dépensé quelque 7 milliards d’euros pour racheter en 2022 S21Sec, Excellium et OneWelcome ainsi que Tesserent un an plus tard. « Plus il se renforce dans la cybersécurité, moins les activités d’Atos dans ce domaine l’intéressent », explique une source proche du dossier.

Des fonds seraient bien partants pour prendre le contrôle d’Atos. L’un d’eux, Alix PM, dit même travailler avec d’autres actionnaires à un plan stratégique, revenant sur la scission prévue par la direction actuelle, comme le souhaitent une majorité d’actionnaires, et un plan de restructuration demandant au moins trois ans d’effort. Mais tous ceux qui regardent le dossier mettent les mêmes conditions préalables : le départ de Bertrand Meunier et le changement de management.

« Tant que l’État continuera à soutenir le président en place, tant qu’il conservera une position ambiguë sur le dossier, il ne se passera rien. Même une OPA est impossible. Pas pour une question de prix. Cela ne vaut plus rien. Mais personne ne se lancera dans une telle opération en courant le risque d’être contré par l’exécutif. Son silence bloque tout », constate un banquier.

La coqueluche du milieu des affaires

À ce stade, le pouvoir est toujours en soutien du projet de cession prévu par la direction d’Atos. « L’Élysée souhaite que cette opération se réalise », dit un connaisseur du dossier. Tous paraissent se mobiliser pour aplanir les obstacles : « Bruno Le Maire s’est engagé auprès de Daniel Kretinsky à calmer la colère des parlementaires LR », rapporte une personne proche du milliardaire tchèque.

Mais pourquoi le pouvoir s’est-il à ce point entiché de Daniel Kretinsky ? Quelles sont leurs relations exactes ? Ces questions tournent dans les milieux de pouvoir et financiers avec de plus en plus d’insistance. Et donnent lieu à cent spéculations, à mille théories… toutes plus invérifiables les unes que les autres. « La réponse est peut-être plus simple : Daniel Kretinsky rend service au capitalisme français, sans faire de bruit, sans causer de tort à personne », tranche un observateur.

Depuis ses rachats annoncés d’Editis et de Casino, Daniel Kretinsky est devenu la coqueluche du petit monde des affaires parisien et du pouvoir. Tous vantent son sérieux, sa façon « cartésienne » d’approcher le dossier, de ne pas se laisser emporter par la médiatisation et l’ego. Comme l’affirme un connaisseur : « Tous ceux qui font profession de monnayer leurs carnets d’adresses et leurs entrées dans l’appareil d’État » ne manquent pas de le solliciter à tout propos, lui faisant miroiter leur accès exclusif au pouvoir.

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Richard Ferrand, Daniel Kretinsky et Bruno Le Maire. © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart avec AFP

Dernier conseiller en date : Richard Ferrand. L’ancien président de l’Assemblée nationale a créé une société de conseil, Messidor, en 2022. Ce visiteur du soir d’Emmanuel Macron est devenu par ce biais le conseiller du milliardaire tchèque, selon nos informations.

À la suite de nos questions, le fonds EPEI, propriété de Daniel Kretinsky, nous a répondu « ne jamais communiquer sur ses contrats de conseils, quels qu’ils soient ». Richard Ferrand lui ne nous a pas répondu. « Richard Ferrand est bien un conseiller de Daniel Kretinsky. Mais il n’est pas intervenu dans le dossier Atos », précise une source proche de l’homme d’affaires. Celui-ci n’aurait ni banquier ni conseil dans cette opération.

Avec ou sans l’aide de Richard Ferrand, les portes de l’Élysée lui sont désormais largement ouvertes. Dans un récent article de Marianne (propriété du milliardaire tchèque), il est rapporté que Daniel Kretinsky avait une place de choix lors du dernier dîner de Choose France : à la gauche de Brigitte Macron. En juin, comme l’a raconté Mediapart, il a été reçu par Alexis Kohler à l’Élysée. C’est là qu’il aurait obtenu le feu vert pour racheter Tech Foundations.

Les doutes de Daniel Kretinsky

Alors que la crise enfle, Daniel Kretinsky se retrouve au centre de toutes les attentions. Et cela ne lui plaît pas du tout. Jusqu’alors, il avait veillé à se faire discret, à ne susciter aucune polémique autour de son nom. L’opération de rachat de Tech Foundations le plonge au cœur d’une guerre franco-française dont le capitalisme français a le secret, et risque d’annihiler tous ses efforts pour garder une image intacte.

L’opération de Tech Foundations justifie-t-elle de dilapider tout ce capital amassé ? « Daniel Kretinsky n’a pas renoncé mais il commence à se poser de sérieuses questions. Tech Foundations est une bonne opération financière pour lui. Mais ses dossiers importants sont Editis et Casino. Si le rachat des activités d’Atos devient trop compliqué et trop préjudiciable, il pourrait jeter l’éponge », dit une source proche du dossier.

La plainte pour « corruption active et passive » déposée par le fonds Alix PM auprès du Parquet national financier et qui le vise directement le met encore plus mal à l’aise. Comment cet homme d’affaires, d’ordinaire si prudent, a-t-il pu commettre l’erreur de promettre un pacte d’intéressement aux deux dirigeants, mandataires sociaux d’Atos, chargés de négocier la cession de Tech Foundations, avant même qu’un accord soit signé ? Toutes les personnes qui le connaissent un peu ne trouvent pas de réponse à « cette faute inexcusable ». Toutes les assurances données par l’exécutif ne servent à rien dans ce cas. Elles ne peuvent pas le protéger. Désormais le dossier est dans les mains de la justice pénale.

Même si le milliardaire tchèque reste candidat à la reprise de Tech Foundations, l’opération, voulue par la direction et soutenue par l’exécutif paraît de plus en plus compromise. Chaque jour, la Bourse donne à nouveau le spectacle de la destruction en direct d’un groupe industriel. « Atos va dans le mur, et peut-être plus rapidement que le pouvoir ne le croit », constate un connaisseur.

Est-ce le but recherché par le pouvoir pour pouvoir mieux se partager les morceaux entre amis par la suite, comme le spéculent certains ?

S’il cherchait la discrétion, le pouvoir en tout cas a raté son objectif. La débâcle d’Atos tourne au scandale d’État. Par son absence de vision et de stratégie, ses manœuvres en coulisses, sa volonté de passer outre toutes les critiques et les oppositions, au mépris des règles, pour servir des intérêts particuliers, l’exécutif en est en grande partie responsable.

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  1. Merci map

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