Version 2 amendée : Encore un nouveau DG !! Nomination suprise et surréaliste – Le début de la fin ? – Atos confirme sa désolante réputation qu’il y a plus de managers que de techniciens [Brève-blog] + 2 témoignages à chaud de chefs de projets Eviden

 

Le 7ème en 4 ans !!  Le membre du conseil d’administration Carlo d’Asaro Biondo, fraichement nommé le 2 aout après qu’on ait « remercié » Vivek Badrinath suite à son opposition à la cession de TFCo, vient d’être nommé nouveau DG en chef du groupe, c’est donc le nouveau supérieur hiérarchique d’Yves Bernaert qui avait pourtant été embauché le 4 octobre dernier clairement comme n°1 et dont on ne voit pas comment il pourrait rester chez Atos s’il a un peu d’honneur.

Pour « tromper l’ennemi », en l’occurrence tromper le petit porteur, Atos menteur comme un arracheur de dent, fait comme si on avait réorganisé l’organigramme et qu’il y avait une place pour les deux hommes, chacun ayant le titre de DG groupe, tel un binôme, mais avec chacun ayant sa spécialité.

Alors que le communiqué de presse que nous publions dans le dernier tiers de l’article est équivoque, l’article du Monde, confirme qu’Asaro serait plus un n°1 mettant Bernaert sous tutelle et plus n°2, car à aucun moment est employé le mot pour autant de co-DG, donc Carlo d’Asara Biondo devient le n°2 derrière Mustier et le grand chef de l’opérationnel, et tout en précisant un pseudo-organigramme avec des phrases hyper vagues qui laisserait des domaines privilégiés à Yves Bernaert sur la stratégie, alors que la stratégie est plus au board…

 

Un tel niveau de valses des dirigeants dans un espace aussi court, on a jamais connu ça à Atos. Je rappelle le limogeage de Poirault DG de BDS en octobre, la nomination de Bernaert, la démission de Philippe Oliva qui pour l’instant est toujours là, la démission de John Van Geen, n°1 bis de Eviden… Le groupe avait besoin de stabilité et on lui amène une nouvelle tension aussi inattendue.

Seul Nourdine Bihmane reste fidèle au poste. Au moins Kretinsky s’y connait mieux en hommes que les M&M’s.

Est-ce qu’Yves Bernaert ne va pas donner suite à sa période d’essai et l’avait fait savoir et que pour cacher cela, on a nommé d’Asaro en urgence ? Quel est ce choix étrange ? Atos a toujours eu la réputation d’avoir des couches de managers. Yves Bernaert voulait accélérer la scission, donc allez au plus vite vers un groupe de tailles réduite et soudainement, je serais presque tenté de dire « comme une envie de pisser », le board nomme un DG groupe alors qu’Yves Bernaert est lui-même DG groupe sans aucune explication, qu’une de ses taches prioritaire sera la cession, mais c’était aussi la mission d’Yves Bernaert.

Ou alors, la confiance était altérée et on lui a mis un chef pour le superviser, donc là, c’est que ça part vraiment en couilles, car je ne vois pas Yves Bernaert faire autre chose que de donner sa démission sous 24 à 48h. Vous êtes embauché n°1 et passez deux mois après n°2… Sympa comme deal…

Celui qui doit bien rigoler c’est Nourdine Bihmane. Il voit les DG défiler comme les trains…

En plus, truc surréaliste, on nous parle du nombre de ses enfants. Si Atos n’a plus que ça à dire, c’est vraiment le début de la fin…

Plus sérieusement, si j’ai mis « c’est le début de la fin », c’est pas parce que j’ai 700 titres en VAD soyé rassuré, c’est parce que si on ne sait plus quoi faire pour redresser la société, de changer tel l’Olympique Lyonnais son entraineur tous les deux mois, c’est que tout part en couilles et que tout le monde, board et direction, high managers, naviguent à vue et que le Profit Warning est selon moi très proche, d’après l’ambiance morose dans le groupe que me décrivent les Insiders.

Ou alors, le board a vu en d’Asaro le Messie et c’est dit soudainement un matin, « c’est lui qu’il nous faut pour sauver Atos ! » Un coup de foudre entreprenarial et qui va solder le soldat Atos. Malheureusement quand on regarde le CV, pas mauvais mais rien d’un cador, et il se serait fait remercier de Google.

En plus, Atos SE, une société française, n’est pas capable de donner le titre exact en français de ce nouveau DG dans son communiqué de presse.. En effet reprenons les faits et les titres.

Carlo d’Asaro Biondo est nommé Groupe general manager. Traduction  : DG

Yves Berneart est group CEO  = Chief Executive officer = DG

Donc en français il y a deux DG, mais en anglais il y a un CEO et un General manager.

Nous mettons le CV LinkedIn de Carlo d’Asaro Biondo en toute fin d’article après la bio « made In Atos » du CP.

Vous verrez qu’il a la bougeotte et du mal à rester au-delà de 2 ans dans une entreprise. Moi les dirigeants qui ont plus de 6/7 sociétés dans leur carrière, je pars en courant !!

Sauf pour Google, 10 ans. Mais il y a une explication logique que je peux vous donner, mon frère y ayant travaillé. Une partie de votre salaire est payé en stock-options, mais vous ne les touchez qu’au bout de 4 ans. Donc si vous partez au bout de 3 ans et demi, vous touchez zéro et si vous partez au bout de 5 ans, vous ne touchez qu’un an de stock-options.

Donc il a fait un effort pour Google. Mais c’est rare qu’on quitte Google, on peut donc penser qu’il a été remercié.

Prions qu’il reste au moins jusqu’à la scission 😀  car déjà qu’il n’a pas pu tenir plus de 2 mois comme board member 😀

Rappelons Colette Neuville 😀

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Pour l’instant, je ne vois aucune autre explication logique que le fait qu’Yves Bernaert avait décidé de ne pas donner suite à sa période d’essai et partir au 31/12 et donc comme ça aurait fait imploser le cours, ils ont préféré faire comme si c’est eux qui étaient à l’origine de la nomination du nouveau DG

Même si je n’ai pas d’info à ce sujet, ça me parait le plus réaliste. Je vois vraiment mal Yves Bernaert rester.

On en serait à 7 DG en 4 ans… C’est surréaliste, depuis 2019 : Breton, Girard, Barnabé (3 mois), Belmer, Bihmane, Berneart, Carlo…

Je vous avais dit qu’Yves Bernaert arrivé dans une situation apocalyptique (3 à 4 articles par jour dans la presse) allait probablement battre le record de Pierre Barnabé de 3 mois et 10 jours qui était pourtant en intérim entre Girard et Belmer.  Si on n’arrive pas à garder un DG plus que 6 mois, ce n’est pas l’entraineur qu’il faut changer, mais le président du club !

Quant au titre de l’article, pour ceux qui ne le savent pas, Atos traine la triste réputation et comme une des raisons de sa mauvaise MOP d’avoir plus de managers que de productifs.

Afin de ne pas paraître mauvaise langue, et sachant ( à titre de disclaimer) que nous avons une petite position de 700 titres en VAD, nous avons interrogé Gérald, un chef de projet en exercice coté Eviden, à propos de cette nomination :

« Salut Marc,
Dans la nébuleuse Atos Eviden, il y a ceux qui travaillent et ceux qui « se ménagent ». Entre collègues, on appelle facilement les managers « les ménagères », dans ce sens-là. Nous avons un, deux ou trois (selon les humeurs du Big Boss) couches de management au-dessus de nous pour, en gros, valider nos temps dans l’outil de suivi de temps (qui permet de refacturer les clients), valider nos notes de frais, valider nos demandes de congés, faire des simulacres de réunions d’équipe (où ils ânonnent les éléments de langage de la direction et écoutent poliment ceux qui n’ont pas encore renoncé à s’exprimer – parce qu’il ne faut pas râler, pas se plaindre, pas faire de mauvais esprit…) Et faire un entretien annuel dans lequel il sera répété que la politique salariale, bla-bla-bla, ne permet pas d’augmenter le salaire.
Et ceux qui bossent. Les techniciens, les ingénieurs, les développeurs, les architectes, les experts (heureusement qu’il en reste). Et les chefs de projet, qui font face au client au quotidien, qui passent leur temps à chercher des excuses, pas assez de techniciens disponibles pour réaliser les prestations, niveau technique insuffisant du support de premier niveau… et qui font aussi le travail de « reporting » pour des « comités de pilotage » avec le client où le beau rôle, côté Atos/Eviden, est tenu par le responsable commercial qui vient juste « relever les compteurs ». Car en plus des « ménagères », il y a les « sales » (attention, prononcer à l’anglaise « seïlz ») c’est à dire les commerciaux de base et les deux ou trois niveaux de directeurs commerciaux/directeurs avant-vente au-dessus.
On peut parler d’armée mexicaine. Alors, le chef de l’armée mexicaine, qu’il s’appelle Pancho Girard, Ernesto Oliva ou Francisco Bernaert, on le regarde passer, on baisse la tête au cas où elle dépasserait, mais finalement on sait que ça ne change pas grand-chose. Car qui gouverne vraiment ? Le « contrôle de gestion » et la « direction financière » (entités dans lesquelles le terme de millefeuilles est vraiment approprié)…
Après, en écoutant les discours des communications de nos patrons, on avait Bernaert qui semblait un peu au-dessus du niveau des autres. Mais notre Président a sans doute eu peur qu’il lui fasse de l’ombre.
Bien cordialement,
Gérald »
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« Je viens de découvrir cette nouvelle nomination via le blog…
Il serait temps d’avoir un communiqué sur la stratégie du groupe et plus précisément celle d’Eviden au lieu d’une énième nomination qui devient un non-événement vu la fréquence de celles-ci.
À quand le CMD Eviden promis cet été afin de clarifier le positionnement de ce nouveau groupe ? A défaut d’une stratégie brillante, on souhaiterait au moins savoir de quel modèle de société du secteur on souhaite se rapprocher ?
Par ailleurs Eviden ça devait être différent, mais rien n’a changé, on commence quand la transformation et les actions de restructurations profondes ? L’OM et la GM ne vont pas s’améliorer par magie sans toucher aux structures de couts de l’entreprise…
Lionel « 

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Communique Atos SE

Le groupe Atos renforce son équipe de direction pour mener à bien sa transformation

Carlo d’Asaro Biondo, spécialiste du secteur technologique, est nommé Group General Manager en charge des opérations, du développement commercial à la performance opérationnelle.

Paris, France – 6 décembre 2023

Le groupe Atos, leader international de la transformation numérique, annonce aujourd’hui le renforcement de son équipe dirigeante afin de sécuriser la mise en œuvre de sa stratégie et de ses objectifs commerciaux. Yves Bernaert, Directeur général du groupe Atos, nomme Carlo d’Asaro Biondo au poste de General Manager du Groupe en charge des opérations pour la période de transformation du Groupe en 2024. Carlo a démissionné du Conseil d’administration d’Atos pour rejoindre la direction du Groupe.

Carlo mettra à profit sa connaissance approfondie du secteur pour se concentrer sur l’atteinte des objectifs de l’entreprise en pilotant le développement commercial et la performance opérationnelle de l’ensemble du groupe.

Yves Bernaert, Directeur général du groupe Atos, a déclaré : « L’arrivée de Carlo nous permet de renforcer notre équipe dirigeante. Je suis convaincu que le Groupe Atos réussira à atteindre ses objectifs et assurer son succès futur. Nous restons concentrés sur la transformation de notre Groupe et sur les actions stratégiques prioritaires. J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier tous nos managers et leurs équipes qui portent nos activités au quotidien en vue de proposer les meilleurs services à nos clients. »

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Biographie de Carlo d’Asaro Biondo

De double nationalité française et italienne et âgé de 58 ans, Carlo d’Asaro Biondo a passé plus de 30 ans entre les secteurs de la technologie, des médias et des relations institutionnelles, à la croisée des chemins entre la technologie numérique, les médias et les institutions politiques.

Il a commencé sa carrière en tant que consultant en management en Italie avant d’occuper plusieurs postes de direction : KPMG Consulting (DG France), Unisys Media (Directeur général délégué Europe), AOL (DG France et Président Europe) et Lagardère Interactive (DG International).

De 2009 à 2020, chez Google (Alphabet), il a été successivement Président des opérations pour la région SEEMEA (Europe du Sud, Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique) et Président des partenariats et des relations stratégiques pour la région EMEA.

De 2020 à 2022, il a été Vice-président senior chargé des partenariats et des alliances chez TIM spa (anciennement Telecom Italia) et PDG fondateur de Noovle spa, les activités cloud et IT de Tim en partenariat avec Google.

Aujourd’hui Senior Advisor au Boston Consulting Group (BCG), Carlo d’Asaro Biondo apporte également son soutien aux fonds d’investissement en matière de due diligence d’acquisition et d’expertise technologique. Depuis 2018, il est membre du conseil d’administration de l’ONG Optic-Humana Technology et depuis 2023, il est membre du conseil d’administration de Poste Italiane (membre du comité des risques et d’audit et président du comité des rémunérations). Depuis le 1er août 2023, il a été administrateur indépendant au sein du Conseil d’administration d’Atos SE.

Carlo est diplômé de l’université La Sapienza de Rome en économie et en commerce. Son épouse Nathalie et lui ont cinq enfants.

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