Lettre ouverte à tous les journalistes français et anglais qui suivent le dossier ATOS – Ca fait 2 mois que vous vous trompez tous sur le deal TFCo-Kretinsky, alors que c’est marqué comme sur le…

 

Et bien-sûr lettre ouverte aux lecteurs…

Tout d’abord pour recontextualiser cette article-lettre, rappelons que le blog a été le seul média français durant un mois à parler de vente négative à 1 Md€. Tout début septembre, dans le cadre d’un entretien sur l’Udaac avec Les Echos, je précisais à Leila Marchand que le prix était négatif et je l’invitais, comprenant parfaitement que le blog n’était pas un média professionnel, à contacter Nicolas David de ODDO un des plus anciens analystes à suivre Atos. Ce qu’elle fit très professionnellement et finalement, elle parlera d’une vente négative à 800M€ et fut la première à appeler un chat un chat, avant l’intervention de Ciam sur BFM.

Je remercie donc à cette occasion d’avoir pris le blog comme source sérieuse et d’avoir infléchi la désinformation régnante, certes de bonne foi, mais gênante.

Par discrétion, je ne vais pas citer la demi-douzaine de magazines ayant pignon sur rue que j’ai contacté pour tenter de leur expliquer l’erreur sur une vente à 100M€.

Je citerai juste la réponse d’un magazine, laxiste et totalement largué depuis 6 mois sur le dossier Atos, car la réponse a été : « houlà, mais si c’est ça, il faut que je refasse tout mon article de zéro… ».

Il aura fallu le « vu à la télé » sur BFM, de Catherine Berjal du fonds Ciam pour que les actionnaires comprennent enfin la tromperie.

Néanmoins, ma tournée « instituteur » auprès des médias ne s’arrêta pas là.

Je leur dis également : « attention, vous parlez de vente à 100M€. Je ne vois nulle part marqué sur le site d’Atos de vente à 100M€, mais une simple rhétorique ultra-ambiguë à la Atos, parlant de flux positif de trésorerie de 100M€ sans aucunes autres explications.

Dans moins 3 articles du blog, si ce n’est plus, j’expliquais dès la mi-aout, « attention, quand on vend 100M€ il y a marqué : prix de vente 100M€ ». S’il y a marqué « flux de trésorerie de 100M€ », c’est une arnaque sémantique (voir extrait de notre article du 3 sept. un peu plus bas).

Enfin, je leur expliquais qu’en face des 1.9 Md€ de passifs récupérés, car on a un peu l’impression que Kretinsky récupère un fichier Excel et 1.9 Md€ de passif, il y a aussi des actifs, des dizaines de milliers de serveurs à 30 000€ pièces, des millions de PC à 2000€ pièce, des milliers de licences Photoshop, illustrator, Autocad, etc… à plusieurs milliers d’euro pièces, des bureaux pour 50 000 salariés, des chaises, des étagères, des flottes de véhicules, de camionnettes, des outils de mesures, d’assemblage, etc… etc… et que ça compensait totalement les 1.9 Md€ de passif, et que le deal n’était donc pas une valeur d’entreprise de 2 Md€ mais de 1€ symbolique + le chèque d’Atos de 1 milliard à Kretinsky, soit une valeur négative de 1 Md€.

Puis finalement la vérité finit par tomber le 16 octobre.

Injonction AMF, même si Atos ne l’a jamais dit.

Il n’y a malheureusement pas eu d’amende, enfin pour l’instant. Mais Atos a dû représenter, d’une manière plus claire et non trompeuse, la totalité de l’accord Kretinsky, et ceci grâce au signalement AMF de L’UDAAC réalisé par son conseil de l’époque, Me Sophie Vermeille.

Et là on voit que :

Page 11

Donc pour revenir à la photo d’illustration, c’est marqué comme sur le PORT SALUT :

EPEI (Kretinsky) va payer les actions de TFCo 1€ symbolique.

L’expression « sold for a symbolic euro », existe en anglais, donc Atos comme d’habitude est dans une tromperie sémantique grossière, pour essayer d’induire en erreur à utiliser le terme 1 euro en lieu et place de « 1 symbolic euro » et de mettre cette phrase en tout dernière ligne du slide, tout en bas, de la cacher et d’en cacher le vrai sens, alors que tout le monde utilise le terme « euro symbolique » quand le prix est de 1€.

Et preuve en est qu’ils ont voulu cacher cela, c’est qu’ils ont bougrement réussi leur coup, hormis le blog, 100% des médias sont tombés dans le piège.

Beaucoup de membres m’ont trouvé excessif au long de l’année quand j’ai utilisé à maintes reprises le terme « board mafieux », vous comprenez donc aujourd’hui mieux pourquoi ? Tromperie sur tromperie, magouille sur magouille.

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À ce jour, alors que la conférence call date presque de 2 mois (16 octobre) tous les journaux, y compris les meilleurs comme Le Monde, Les Echos, etc… continuent à marquer que TFCo est cédée pour  100M€.

Donc, regardez une fois, deux fois, trois fois s’il le faut le slide page 11 de la conférence call, c’est marque comme sur le PORT SALUT : 1€ symbolique !!

https://atos.net/wp-content/uploads/2023/10/atos-investor-update-october-16-2023.pdf

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Donc c’est ma demi-heure narcissique. Aujourd’hui le blog a donc atteint un degré d’information nettement supérieure à la presse spécialisée sur le dossier Atos. Mais nous entretenons des relations cordiales avec cette presse, et c’est dur de les blâmer avec une communication si grossièrement trompeuse à dessein, et chaque journaliste suit l’actualité d’une trentaine de sociétés, alors que je ne suis que le dossier ATos, c’est donc somme toute fort logique que mes informations soient plus poussées, mais là je me suis dit d’un dessin vaudrait mieux qu’un long email.

Je rappelle que le blog a écrit ceci dans un article le 3 septembre toujours en ligne « mensonge à 3Md€ » :

Pourquoi ce terme « flux de trésorerie positif de 100M€ » à part pour tromper l’ennemi ?

Pour toute communication normale, sensée, réalisée par des gens souhaitant un discours clair, il y aurait marqué noir sur blanc que « Kretinsky achète TFCo pour un montant de 100M€ ».

Or, vous ne trouverez à aucun endroit le terme « achète » ou « prix de vente » pour ces 100M€. Au risque de me répéter, uniquement le terme flux positif de trésorerie de 100M€.

Ainsi, la vente de TFCo se fait officiellement, jusqu’à preuve du contraire, sur l’euro symbolique puisqu’aucun montant pour la cession n’est mentionné, hormis via des termes alambiqués où tout le monde suppute ce que Atos a bien pu vouloir dire.

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Encore la minute narcissique, le blog est désormais le seul endroit pour trouver de la communication financière fiable pour Atos.

Et quand je pense que le boss de Kerviel condamné aussi pour d’initié + réfugié chez Atos après son bide du SPAC Pégasus voudrait attaquer le blog au PNF, ils vont bien se marrer au PNF quand je vais leur expliquer que le plaignant est le boss de Kerviel, car tout le monde sait maintenant qu’il est plus la victime d’un système, où tout le monde savait ses dépassements. Pas à 10 Md€ près, mais tout le monde savait que c’était en dizaine de milliards… excepté le PDG Bouton, incompétent notoire.

Maintenant ce flux de trésorerie de 100M€ c’est quoi ?

Du pipot complet.

 

Pourquoi le Groupe communique-t-il donc au marché « un impact net positif sur la trésorerie de 100 M€ » ?

Ces 100M€  représentent pourtant la quote-part qui aurait naturellement été affectée à la trésorerie d’Eviden à l’encaissement des créances clients concernées, sur la base de la répartition des périmètres des contrats visés. Donc sur des contrats avec par exemple à 75% de TFCo et 25% Eviden, TFCo doit reverser sa quote-part de 25% à Eviden. Rien de plus normal et aucun flux « supplémentaire » juste le partage au prorata.

D’ailleurs cela confirme si besoin était que les deux activités sont totalement imbriquées. (voir article)

Donc encore et encore ne nouveaux mensonges grossiers et tromperies délibérées, juste pour ne pas se taper la honte de dire on a vendu TFCo 1€ symbolique + un chèque à Kretinsky de 1 Md€ ».

Donc c’est la news de la journée. La vente de TFCo ne se fait pas à une valeur négative de 900M€ mais de 1 milliard d’euros

Enfin non, ce serait trop simple. Ca c’était entre le 16/10 et l’arrivée de Layani.

Maintenant après simplification du deal et le retrait de Kretinsky de Eviden, la procédure c’est une vente à 1€ symbolique de TFCo + un chèque de Atos à Kretinsky de 850M€, soit un prix négatif de 850M€.

Enfin, quant au slide suivant :

 

Il y a marqué « les 1 milliard de différence » ne représentent pas un paiement en cash de Eviden à TFCo.

SI.

Ou  plutôt « assimilé cash ». Un paiement par des créances clients qui au bout de 45 jours se transforment en cash et donc 400M€ sur 1Md€ sont afacturables immédiatement, on a vu pire comme non cash.

Donc si cette somme de 1 Milliard était de l’assimilé cash, et maintenant ce sera 850M€ d’assimilé cash après l’offre simplifiée.

Remontons à ce premier graphique.

On s’aperçoit qu’il y a 88M€ qui va en contrepartie des 600M€ de provisions pour risques et charges. La reprise de passif est donc de 1812M€ et non de 1900M€.

Enfin, dans cette présentation du 16/10 on s’aperçoit que Atos NE FAIT PLUS AUCUNE RÉFÉRENCE à une valeur d’entreprise de 2 Md€.

Fini, nada, niet. Le nouveau terme à la mode c’est : l’élimage de BFR.

Conclusion :

Chers et chères camarades journalistes, vous avez été une quinzaine depuis le rectificatif du 16/10 à continuer à parler de vente à 100M€.

J’espère que si certains d’entre vous lisent cet article, vous allez cette fois ENFIN parler de vente à l’euro symbolique + un chèque BFR de 850M€ dans le deal simplifié qui sera annoncé le 14 décembre et oubliez cette histoire qui n’a jamais existé de vente à 100M€.

Un article plus global sera publié d’ici à quelques jours sur toutes les informations mensongères du 1er aout qui ont été rectifiées le 16 octobre dernier.

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1 Comment on "Lettre ouverte à tous les journalistes français et anglais qui suivent le dossier ATOS – Ca fait 2 mois que vous vous trompez tous sur le deal TFCo-Kretinsky, alors que c’est marqué comme sur le…"

  1. Félicitations pour votre travail de titan accompli à titre totalement gracieux !

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